Le monde parallèle de la manipulation des images

A la suite de l’émission du Grand Journal d’hier, il est fort probable que Yann Barthès se paye encore le Modem et François Bayrou. C’est un jeu que je trouve parfois (souvent) assez drôle. Hier, il était douteux.

Monsieur Barthès : oui, François Bayrou a dit certaines phrases que vous avez repris dans vos montages. Oui, il a dit qu’il s’agissait d’anciennes citations et il avait tort mais n’est-ce pas une erreur compréhensible quand le sens des phrases citées est si loin de la réalité et du contexte dans lesquelles elles ont été prononcées ?

Laurent de Boissieu, journaliste respectable et présent dimanche au congrès du Modem rétablit ici les vérités. L’art du montage permet de faire dire n’importe quoi par n’importe qui à grands renforts d’habiles manipulations et de prompts raccords. Vous excellez dans ce domaine, Monsieur Barthès.

J’aimerais cependant attirer votre attention sur les limites de l’exercice car votre rhétorique de déformation tient dans une logique bien différente qu’il s’agisse de l’UMP et du PS d’un coté et du Modem de l’autre.

Dans vos sujets sur l’UMP et le PS, vous taquinez et faites appel au ressort de la dérision. Images et sons sont raccords. Il n’y a pas de transformations de l’image juste quelques rajouts sonores.

Dans votre sujet sur le Modem, aucune des images ne correspond aux sons. Vous censurez la parole de membres du shadow cabinet en remplaçant leur déclarations par des bruitages d’extra-terrestres. Vous reprenez le discours de François Bayrou en y ajoutant vos images et en dé-contextualisant complètement le propos.

Votre acharnement contre le modem ne me déplait pas. Il me fait même plaisir. Il est la preuve que nous, élus, adhérents et sympathisants du modem incarnons quelque chose de différent qui dérange la nomenklatura politique et médiatique française incapable de proposer de nouvelles visions.

Il y a comme un malaise de la part des respectables bien à leur place à comprendre que les lignes changent. Il est tellement plus simple de s’asseoir sur le coussin moelleux des certitudes. Certitudes qui depuis 20 ans ne résolvent aucun grand problème de notre société.

Continuez à nous mépriser. Continuez à manipuler monsieur Barthès… Mais juste une petite chose : vous n’êtes pas le seul à savoir le faire et rappelez vous qui ont été avant vous les grands manipulateurs d’images. Ayez ce soir l’honnêteté de dire que vous avez truqué, comme François Bayrou aura surement l’honnêteté de dire qu’il s’agit de ses propos déformés.

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